Le ZAPATISME du Mexique appel a former un réseau planétaire de résistances et de rébellions pour préserver les liens de solidarité et faire valoir le respect du vivant

« Ici, le peuple dirige, le gouvernement obéit » : au Mexique, le zapatisme est bien vivant.
Un appel a former un réseau planétaire de résistances et de rébellions pour préserver les liens de solidarité et faire valoir le respect du vivant.
📌L’auteur de cette tribune raconte comment, après un moment de repli face aux menaces du pouvoir et à ses grands projets destructeurs, les zapatistes multiplient les initiatives et font preuve d’une vitalité sans faille dans l’élaboration de leur autonomie.
Au Chiapas (sud du Mexique), le mois d’août a apporté une nouvelle réjouissante qui devrait susciter l’intérêt de celles et ceux qu’atterrent l’emballement productiviste et sa spirale destructrice. Dans un contexte pourtant difficile, marqué par la nécessité de défendre leurs territoires face aux projets très offensifs du nouveau gouvernement mexicain, les zapatistes ont annoncé d’importantes avancées dans l’élaboration de leurs instances d’auto-gouvernement.
Quatre nouvelles communes autonomes viennent s’ajouter aux 27 qui existaient depuis 1994 et sept nouveaux Caracoles [1], avec leurs « conseils de bon gouvernement » respectifs, s’ajoutent aux cinq déjà créés en 2003.
Une impressionnante salve de rencontres nationales et internationales
Signé par le sous-commandant Moisés, porte-parole de l’EZLN, leur communiqué annonce une impressionnante salve de rencontres nationales et internationales : Forum pour la défense des territoires et de la Terre-mère, avec le Congrès national indigène et le Conseil indien de gouvernement, en octobre prochain ; Festival de cinéma Puy ta Cuxlejaltik ; rencontres consacrées aux arts, dans la suite des « pArtage pour l’humanité » organisés depuis 2016, mais cette fois spécifiques à chaque domaine, en y incluant la littérature ; nouvelle rencontre pour débattre des sciences (« ConCiencias »), sans oublier cette fois les sciences sociales ; séminaires pour disséquer la Tourmente qui vient, dans le prolongement des débats déjà engagées avec « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ; rencontre internationale des femmes, comme celle que les femmes zapatistes avaient organisées sans la présence des hommes, en mars 2018 ; et d’autres initiatives encore à préciser et à imaginer.
Enfin, le même document appelle à reprendre les discussions en vue de former un réseau planétaire de résistances et de rébellions, dans le respect de l’hétérogénéité des manières de penser et de lutter.
On pourra être surpris par ces annonces, surtout si l’on rappelle que, le 31 décembre dernier, les zapatistes avaient opté pour un repli face aux menaces gouvernementales, non sans souligner leur capacité à défendre leurs territoires en cas d’attaque.
Peut-être le premier geste, défensif et militaire, était-il nécessaire pour tenir les dangers à distance et permettre ensuite de faire un pas supplémentaire dans la construction, civile, de l’autonomie. Sans doute fallait-il éviter de s’enfermer dans le piège d’un retrait et d’un silence trop prolongés.
Mais qu’est-ce que l’autonomie pour les zapatistes ? Loin de toute intention de se séparer du Mexique ou de s’enfermer dans une pure identité indienne, il s’agit pour ces femmes et ces hommes, Mayas pour la plupart, de défendre une manière de vivre qu’ils ressentent comme leur, qui s’ancre dans un territoire singulier, préserve les liens de solidarité et d’entraide communautaire, fait valoir le respect du vivant qu’impose l’appartenance des humains à la Terre-Mère. Conscients que les politiques étatiques sont les vecteurs de la normalisation économique néolibérale, des grands projets destructeurs et de l’imposition des logiques de marché, ils en ont conclu qu’il n’y avait pas d’autre moyen, pour préserver ce à quoi ils tiennent, que d’entrer en sécession vis-à-vis du monde de l’économie et des institutions étatiques qui le servent.
C’est pourquoi ils ont élaboré leurs propres formes d’auto-gouvernement, avec des assemblées et des instances élues au niveau tant des villages et des communes autonomes que des régions qui en permettent la coordination.
C’est pourquoi aussi, malgré d’immenses difficultés matérielles et dans un contexte largement adverse, ils ont créé de toutes pièces leur propre système de justice, de santé et d’éducation.
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